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Pourquoi le spicilège ?

L'objet de ce recueil est de permettre :

  •  de rendre visible la richesse de la biodiversité aujourd'hui présente dans les champs et les jardins
  •  à ceux qui le souhaitent de faire part des observations qu’ils ont effectuées sur des variétés qu'ils cultivent et reproduisent
  •  de mettre en valeur l'aspect culturel et social des variétés locales pour l'alimentation, la médecine ou autres utilisations.
  •  de contribuer ainsi à prévenir, pour chaque variété décrite, le risque de disparition
  •  de construire un outil public contribuant à les protéger du biopiratage (appropriation privée par des semenciers peu scrupuleux)
Observation participative
Observation participative : Photo : R.S.P.

 
  Ainsi se construisent collectivement des critères de descriptions adaptés à ces variétés, au-delà des seuls caractères morphologiques qui ne sont pas nécessairement tous stables, homogènes ou standardisés.
 
   Ces variétés ont par contre toutes une histoire, un lien avec des terroirs, des communautés ou des individus, des caractéristiques ethnobotaniques, agronomiques, gustatives, culinaires, culturelles voire religieuses, des « signatures » dans leurs formes, leurs couleurs, leur allure… bref des indications qui méritent d’être partagées et reconnues.
 
  La biodiversité cultivée n’est pas sortie des mains ou des laboratoires de quelques individus géniaux qui en auraient élaboré une à une les pièces détachées. Celle que nous connaissons, n’est que l’étape actuelle d’une longue évolution du triptyque nature/homme/terroir, faite de l’augmentation constante de la différenciation des espèces puis des genres, des variétés…, entrecoupée de périodes chaotiques engendrant de brutales disparitions.
 
Chou de Bruxelles Rubine
Chou de Bruxelles : Photo : RSP
 
Une évolution naturelle et une co-évolution dans laquelle des communautés humaines sont intervenues pour choisir, aider consciemment ou inconsciemment à l’apparition, puis multiplier celles des plantes qui les intéressaient le plus.
 
 
   Si la plante est attachée à la terre où elle a pris racine, la graine est faite pour voyager au gré des vents, des eaux, des transports animaux ou humains. Ces voyages, puis les échanges organisés entre les cultivateurs et les communautés humaines, sont les clés du renouvellement de la biodiversité cultivée qui sans eux subirait le même sort que les monocultures sans rotation : la disparition inéluctable à terme.
 
   La condition de l’échange est : l’information sur ce qu’il y a à échanger, et à découvrir, et avec qui. Tel est aussi l’objet de ce recueil. Mais trop d’échanges peuvent tuer à tout jamais la biodiversité. Les maladies exogènes auxquelles les plantes locales ne sont pas préparées à résister peuvent être mortelles. Les contaminations génétiques ne sont pas réservées aux OGM et des variétés hybrides peuvent de la même manière provoquer la dégénérescence puis la disparition de variétés locales.
 
Production de semences
Production de semences :Photo : RSP
    Mais surtout, nous voyons aujourd’hui la culture d’une poignée d’espèces et de variétés industrielles se substituer partout sur la planète aux cultures vivrières diversifiées. Les firmes semencières, qui ont pillé sans vergogne le patrimoine commun de l’humanité constitué des variétés sélectionnées par des générations de paysans, l’ont trafiqué pour le revendre au prix fort aux mêmes paysans. Elles n’ont jamais rendu aucun compte de ce pillage puisqu’elles se sont exonérées par la loi sur le Certificat d’Obtention Végétal (COV) de toute obligation d’indiquer l’origine des variétés dont elles s’auto-proclament intellectuellement «propriétaires». Par contre, les paysans qui continuent à cultiver leurs variétés ancestrales et à échanger leurs semences sont accusés de contrefaçons des variétés protégées des semenciers ou d’atteintes au commerce loyal des semences et peuvent être astreints à de lourdes amendes !
 
   C’est là que réside l’explication de la nouvelle période chaotique que nous vivons, qui n’a rien d’un cataclysme naturel, mais qui détruit tout aussi efficacement la biodiversité cultivée suite à la cupidité d’une poignée de firmes multinationales.
 
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